Conférence en direct: L’attachement parent-enfant

Illustration par Viviane Vallerand

Dans cette formation en direct par visioconférence d’une durée d’une heure trente minutes, vous en apprendrez plus sur les théories de l’attachement d’un point de vue de la psychologie du développement de l’enfant.

Laurence Morency-Guay, professeure en psychologie spécialisée en développement de l’enfant, présentera:

  • Les bases théoriques de la théorie de l’attachement: définition, création du lien d’attachement, période critique du développement, styles d’attachement (exemples concrets et vidéo)
  • Comment favoriser la création d’un lien d’attachement sécurisant auprès de l’enfant: réponses adaptées, objets et personnes de transition, contextes d’intervention, facteurs d’influence au lien d’attachement
  • Les impacts des différents styles d’attachement: comportements attendus, influences sur les relations futures, défis possibles
  • L’attachement au quotidien: contextes nuisibles (méthodes de discipline coercitives) VS non nuisibles (séparation temporaire avec l’enfant), stratégies d’intervention pour accueillir les besoins de l’enfant et offrir des réponses adaptées aux besoins, décoder les besoins

Cette formation a été construite pour répondre aux principales questions des parents et vulgariser la science pour les outiller à favoriser un lien d’attachement sécurisant auprès de leurs petit.es.

QUAND?

Mardi le 27 septembre 2022 à 19h. Le lien Zoom est acheminé suivant l’achat.

COMBIEN?

L’accès à la formation est au coût de 30$ + taxes. L’accès à la rediffusion est inclus (lien disponible durant 3 mois) et un recueil de notes et de textes sera disponible suivant la formation (document eBook téléchargeable).

Conférence différée – Expliquer la mort en douceur et soutenir le deuil des petit.es


Qu’est-ce que l’enfant comprend de la mort ? Quelle est son évolution de sa compréhension selon l’âge?

Comment choisir les bons mots pour aborder la mort et/ou annoncer le décès d’un proche? Pourquoi éviter les comparaisons avec le sommeil, les longs voyages ou les promenades au ciel ?

Quelles sont les complexités de l’enfant endeuillé? Comment mieux comprendre ses réactions pour mieux l’accompagner ? Quels sont ses besoins et comment le soutenir?


Dans cette conférence en différée d’une heure, Laurence Morency-Guay, professeure en psychologie se spécialisant en développement humain, aborde la mort aux yeux des enfants et comment leur présenter ce concept au quotidien et dans le deuil.

12,50$ +taxes. Vidéo de la rediffusion livrée directement dans votre boîte courriels après l’achat!

Livre papier – Le développement de l’enfant : 0 à 2 ans

Photo par Camylle Messier

Dans ce premier tome d’une série de petits livres concis et concrets, vous pourrez mieux comprendre le développement des tout.es-petit.es sous toutes leurs facettes. Quatre chapitres pour vous présenter la parentalité, le développement physique, cognitif et socio-affectif et l’accompagnement de l’enfant de 0 à 2 ans.

J’ai rédigé chaque mot avec soin; en prenant le temps de cibler les concepts qui seraient pertinents aux parents ou tout autre personne s’intéressant au développement de l’enfant et de les expliquer de manière imagée. J’avais en tête une lecture légère, mais instructive. Je crois avoir réussi à écrire un livre complet qui permettra de mieux comprendre l’évolution d’un enfant entre 0 et 2 ans, en inspirant certaines pratiques et interventions! Bonne lecture!



Imprimé tout en couleur au Québec.

19,95$ +taxes.

4,99$ Livraison partout au Canada.

14,99$ Livraison internationale.

Pour éviter les frais de livraison, utilisez le code PICKUP et venez récupérer directement votre copie à St-Augustin-de-Desmaures (ville de Québec).

eBook – Le guide du co-dodo

Comment décoder les pleurs et les besoins du bébé? Qu’est-ce que le développement du lien d’attachement, l’angoisse du soir et de la nuit et les recommandations pour un co-dodo sécuritaire? Quels sont les arguments pour convaincre les réfractaires? Quel sont les bémols du co-dodo et ses alternatives? Comment amorcer la transition vers le sommeil autonome?

Dans ce eBook de 20 pages, vous pourrez démystifier le co-dodo afin de savoir comment le faire de manière sécuritaire, quels en sont les bienfaits et les bémols et mieux comprendre le développement de l’attachement des petit.es.

eBook – Le deuil chez l’enfant


Comment aborder le sujet de la mort auprès des enfants? Quand le faire? Comment lui annoncer la mort d’un.e proche? Est-ce qu’on doit amener l’enfant aux funérailles? Comment lui expliquer les rites funèbres? Doit-on aborder le sujet du suicide?

Dans ce guide de 30 pages, vous trouverez les informations permettant de mieux comprendre l’évolution de la compréhension de la mort chez l’enfant, plusieurs pistes pour l’accompagner dans ses apprentissages sur le sujet ainsi que lors d’un deuil:

  • Le deuil, pour les petits comme pour les grands
  • Quand est-ce que le deuil n’est plus “normal”
  • La mort expliquée aux enfants (l’enfant de moins de 2 ans, l’enfant de 3-5 ans, l’enfant de 6 à 10 ans, l’enfant de 11 ans et plus)
  • À partir de quel âge aborder le sujet?
  • Doit-on parler de la mort avant d’y être confronté?
  • Est-ce qu’on doit amener l’enfant à des funérailles?
  • Comment aborder la présence du corps aux funérailles et le concept de l’enterrement/l’incinération?
  • Comment intégrer les valeurs religieuses à la conception de la mort chez l’enfant?
  • Comment aborder la mort si nous ne sommes pas croyants?
  • Comment aborder le suicide?
  • Comment parler de la mort avec un enfant malade?
  • Comment aborder la mort en tant que parent endeuillé?

Vous aimeriez assister à une conférence en différée sur le sujet? Par ici pour les informations concernant l’accès à la rediffusion de ma conférence “Expliquer la mort en douceur et soutenir le deuil des petit.es”.

La culpabilité et la culpabilisation de l’enfant

La culpabilité est avant tout une émotion témoignant de l’atteinte de certains acquis cognitifs puisqu’elle reflète la capacité de considérer un regard sur nos actions. Vers 3 ans, l’enfant commence à manifester un fort besoin d’initiatives qui apporte aussi son lot de culpabilité lorsque certaines limites sont franchies, entraînant ainsi des représailles. Si cette compréhension du regard de l’autre sur ses gestes et leurs conséquences est inévitable et bénéfique sur les plans du développement cognitif et social, le fait de rechercher cette émotion au travers nos interventions en tant que parent ou professionnel n’est pas optimal.

Regard sur les types de culpabilités

Avant d’élaborer sur la culpabilisation de l’enfant et ses impacts, je trouve important de présenter les huit types de culpabilités.

La culpabilité égocentrique

Ce type de culpabilité va de pair avec l’égocentrisme intellectuel, limite cognitive présente entre 2 et 6 ans lorsqu’on considère seulement son propre point de vue. Cette culpabilité entraîne donc une personne à se sentir concernée par les évènements (bons ou mauvais) qui surviennent à sa connaissance, pensant être impliquée dans la cause de l’effet.

Par exemple, penser qu’on est en cause de la colère d’un ami car on se trouvait chez lui quand il a manifesté cette émotion.

La culpabilité passive

Lorsqu’on a l’impression d’être en cause d’une situation ou de l’émotion d’une autre personne sans n’avoir pu rien contrôler – en étant dans la passivité.

Par exemple, se faire dire “Regarde comment tu me fais sentir” ou “Tu m’as fait faire ceci” peut entraîner la culpabilité passive de l’autre, tout comme se sentir impuissant suite à un comportement qu’on regrette, comme une consommation de substance et se dire “Regarde ce que la vie me fait faire”.

La culpabilité contrôlante

Surtout générée par des institutions contrôlantes, comme une secte, cette culpabilité permet une certaine soumission. Afin d’éviter la culpabilité engendrée par une action répréhensible (pensons à la sexualité avant la mariage qui était autrefois vue comme une mauvaise action), on se soumets à la règle établie.

Par exemple, un média qui passe par le sensasionnalisme pour accrocher son auditoire et crée une culpabilité concernant des évènements sur lesquels on n’a souvent aucun contrôle (la guerre) n’est pas une approche optimale pour susciter l’envie d’aider. L’impuissance ressentie qu’engendre cette culpabilité est décourageante pour la personne qui reçoit le message et a ainsi moins de motivation à poser un quelconque geste.

La culpabilité systémique

Cette culpabilité désigne celle d’un.e victime qui en vient à se sentir coupable des gestes de son agresseur ou du système dans lequel iel est prisonnier, malgré une absence de faute. On peut aussi l’observer lorsqu’un membre de la famille subit un accident qui le rend inapte à remplir ses tâches ou à travailler; même si ce n’est pas de sa faute, il se sent coupable vis-à-vis son groupe, ici sa famille.

Par exemple, le parent qui donne à son enfant des responsabilités qui, en quelque sorte inversent les rôles – “Tu devrais prendre soin de ta mère/ton père”, cause ce type de culpabilité où l’enfant en vient à se sentir coupable de ne pas combler les attentes d’un rôle qui ne devrait même pas lui appartenir.

La culpabilité transgénérationnelle

Lorsque des attentes de loyauté s’installent au sein d’une famille, cette culpabilité peut faire surface.

Devoir assumer les conséquences de la génération qui nous précède, comme des dettes, et ne pas être en mesure de le faire ou encore se faire dire que la famille primera sur tout mais ne pas en faire sa priorité (pour de bonnes raisons parfois) entraineront une personne à se sentir coupable.

La culpabilité archétype

Cette culpabilité est associée aux mythes collectifs; aux stéréotypes fortement ancrés dans les croyances des membres d’une société.

La mère dont le rôle a été longtemps exclusif à la femme et le seul qu’on lui autorisait de remplir peut amener maintenant une impression de devoir continuer à combler les mêmes attentes au sein du rôle parental malgré la possibilité actuelle d’avoir aussi d’autres occupations professionnelles et d’autres projets en dehors de son rôle de mère.

La culpabilité réactionnelle (ou culpabilité du survivant)

Il est possible que certains traumatismes déclenchent une culpabilité qui n’a rien de logique, mais qui est tout de même présente. L’intensité du traumatisme entraîne des croyances erronées comme quoi le sujet se tient responsable des évènements et se sent ainsi coupable.

Par exemple, lors d’une agression sexuelle, la victime peut maintenir le secret par culpabilité tout comme certains individus séquestrés en viennent à s’attacher à leur agresseur (syndrome de Stockholm) par culpabilité.

La culpabilité chez l’enfant

L’enfant de moins 6 ans est sujet à la culpabilité égocentrique. Comme il s’éveille à la compréhension que les gens qui l’entourent ont des pensées et des croyances bien à eux (théorie de l’esprit), il sera maintenant en mesure de ressentir de la culpabilité suite à certaines actions s’il considère avoir agi non adéquatement. Cela va de pair avec la compréhension des normes sociales et des règles. Toutefois, l’enfant de moins de 6 ans demeure immature cognitivement et peut parfois établir des liens de causalité entre des évènements qui ne sont pas liés: il fait un raisonnement transductif, c’est-à-dire que l’occurence commune de deux évènements peuvent être compris par l’enfant comme étant en relation même s’ils ne le sont pas. Par exemple, son parent se cogne l’orteil sur un meuble en même temps qu’il a ouvert la porte du réfrigérateur – l’enfant établira que c’est probablement le fait d’ouvrir la porte qui a causé la blessure de son parent et qu’ainsi c’est sa faute (culpabilité égocentrique). Avec la maturation cérébrale, ces erreurs de raisonnement cesseront naturellement. Toutefois, un parent qui a usé d’interventions misant sur la culpabilité lorsqu’il y avait une sensibilité à cette émotion par l’enfant risque d’accentuer la propension à se sentir coupable au sein de relations futures ou de contextes de vie ultérieurs.

User de propos verbaux qui entraînent un sentiment de culpabilité chez l’enfant (culpabilité passive) peut nuire au développement des habiletés de communication à long terme puisque l’enfant aura davantage tendance à s’isoler plutôt que de communiquer.

Somme toute, il ne faut pas “démoniser” la culpabilité qui est normale dans le développement socioaffectif des enfants. C’est une émotion qui connaîtra un sommet entre 3 et 6 ans; il est commun de l’observer chez les enfants qui sont en apprentissage des limites de leur environnement et de la société dans laquelle ils évoluent. Elle permet même une motivation à réparer un geste fautif, donc il ne faut pas chercher à tout prix de l’éviter. C’est une réaction tout à fait adéquate suite à un avertissement ou une intervention lorsque l’enfant manifeste un comportement non adéquat (comme taper son frère ou refuser de coopérer pour sa sécurité). C’est surtout lorsque la culpabilité est utilisée dans un contexte de contrôle ou de passivité et à outrance que les impacts négatifs s’installeront, comme le sentiment d’impuissance, d’infériorité et d’inutilité.

La culpabilité et le regret

La culpabilité qui surgit suite à la prise de conscience de nos torts engendrera un regret du geste et une certaine volonté à réparer nos actions. À court terme, c’est bénéfique et sain.

À long terme, la culpabilité et le regret teinteront surtout les modes de pensée et de réaction de l’enfant qui ne garderait pas nécessairement de souvenirs de la situation (amnésie infantile), mais conservera les mécanismes de réaction sous-jacents (s’isoler au lieu de communiquer) et les traces sur son concept de soi et son estime de soi (sentiment d’incompétence, d’inutilité). C’est pourquoi culpabiliser l’enfant à outrance ou simplement dans des situations où ça n’a pas lieu d’être peut être néfaste sur le développement à long terme.

La culpabilité du parent

Ah! Cette culpabilité fréquente que nous ressentons en tant que parent: se sentir coupable d’aller travailler pendant qu’ils sont à la garderie, se sentir coupable de les garder à la maison au lieu de les envoyer jouer avec leurs amis à la garderie, se sentir coupable de leur rhume, de leurs crises, alouette!

Certains la qualifieront de mom guilt (culpabilité de la mère); chose certaine, elle n’est pas exclusive aux mères et les pères aussi peuvent la ressentir. Bien sûr, elle peut sembler dominante chez les femmes en raison des éléments cités précédemment lorsqu’il est question de culpabilité archétype.

Bien que la culpabilité parentale peut engendrer une lourdeur de la charge mentale et une vision erronée des standards à atteindre, elle peut aussi être utile. Une culpabilité peut parfois amener une remise en question, si bien sûr on évite de tomber dans un rôle de victime ou qu’on se culpabilise à outrance. Par exemple, un parent qui constate des difficultés langagières chez son enfant peut se sentir coupable et ainsi remettre en question l’usage des écrans à la maison qui s’avère trop mis de l’avant. Un changement positif pourrait donc s’enclencher. Bien sûr, là ou c’est problématique, c’est quand le parent, possiblement en raison de croyances erronées, en vient à se sentir inadéquat en tant que parent en constatant les difficultés de son enfant. C’est quelque chose qui peut très bien se travailler en thérapie.

À retenir

  • La culpabilité fait partie du développement socioaffectif, surtout entre 3 et 6 ans.
  • Elle peut être utile pour la compréhension des limites et la motivation à réparer ses gestes.
  • La culpabilité égocentrique est normale chez les enfants, mais peut être accentuée par les interventions des parents.
  • La culpabilité parentale peut servir de signal d’alarme pour une remise en question en vue de changements positifs auprès de l’enfant ou de soi-même.

Références

Crespelle, A. (2009). Huit types de culpabilité. Actualités en analyse transactionnelle, 132, 15-24. https://doi.org/10.3917/aatc.132.0015

Hendriks, E., Muris, P., & Meesters, C. (2022). The Influence of Negative Feedback and Social Rank on Feelings of Shame and Guilt: A Vignette Study in 8- to 13-Year-Old Non-Clinical Children. Child Psychiatry & Human Development53(3), 458–468. https://doi-org.ezproxy.cegep-ste-foy.qc.ca/10.1007/s10578-021-01143-4

Devenir parent: une transition importante dans le développement de l’adulte

L’arrivée de notre bébé au sein du cocon familial a beau avoir été une décision réfléchie qui a mûrie au gré des neuf mois de cohabitation dans le ventre de la mère, je pense que plusieurs, tout comme je l’ai vécu, vivront ce bref instant de panique en déposant la coquille qui contient notre humain tout neuf au milieu du salon, au retour de l’hôpital, en se demandant: “Et maintenant, il se passe quoi?”. Je me souviens des quelques jours où je semblais avoir perdu tous mes repères dans mon propre appartement, à découvrir une petite vie qu’on aime tant sans vraiment la connaître, et des semaines où je devais tranquillement apprendre ce que serait ma nouvelle routine, mon nouveau rôle.

Les premiers jours avec ma Charlotte, capturée par Alexandra Quinn

Devenir parent nécessite le développement d’une foule de nouvelles compétences, et même si on a déjà appris comment changer une couche et qu’on a côtoyé de petits bébés, il ne sera pas nécessairement possible de faire un transfert de ces apprentissages sur notre propre bébé, puisqu’il y a une tonne d’éléments. Son arrivée n’est pas synonyme de tâches à remplir, c’est plutôt un tout nouveau rôle qui nous définit qu’on doit apprendre à apprivoiser et c’est une étape du développement adulte qui nécessitera une adaptation.

Acquérir les compétences requises pour bien assumer son rôle de parent est une tâche exigeante et progressive puisqu’elle nécessite des ajustements constants en fonction du développement de l’enfant. Ceci nécessite de la part du parent qu’il devienne moins dépendant, plus proactif, qu’il assume davantage de responsabilités et qu’il clarifie sans cesse ses valeurs. Dans de telles conditions, il semble possible de présager que le fait de devenir parent constitue une expérience personnelle de développement. 

Bélanger, S. (2017). La parentalité un processus développemental: relations entre compétences parentales et conceptions de la parentalité.

Changement radical dans les habitudes de vie

Je me souviens avoir tenté de ralentir mon rythme quotidien avant l’arrivée de mon fils; mon premier bébé. Je savais que je ne pourrais plus consacrer autant de temps aux sphères relationnelles et professionnelles. Sans dire que la parentalité empêche de se réaliser sur d’autres plans, il est peu probable qu’on maintienne la cadence de cette vie d’avant. Même préparée à cette idée, il m’a fallu beaucoup de temps pour trouver l’équilibre entre toutes les dimensions qui me définissaient comme femme: j’étais maintenant mère, mais je voulais demeurer une professionnelle qui s’épanouissait et qui continuait de se nourrir par différents projets, tant sociaux que personnels. Je pense toutefois qu’il m’a fallu savoir m’arrêter, surtout lors de la première année, pour retrouver cette symétrie dans mon mode de vie. Combien de fois je me suis ordonné de profiter des après-midis à bercer mon petit, en me rappelant que ces moments seraient temporaires et qu’ils passeraient plus vite que ça en paraissait. Ceci étant dit, il n’y a pas de manière universelle de traverser ce chamboulement de nos habitudes de vie, puisque nous avons tous des réalités et des personnalités différentes, mais de connaître la normalité d’avoir à s’y faire est déjà un premier pas dans la bonne direction de l’adaptation.

Dynamique de couple bousculée

Il est tout à fait attendu que la dynamique au sein du couple soit quelque peu chamboulée. D’abord, il y a encore plus de raisons d’échanger et de confronter des points de vue puisqu’on tente à deux d’accompagner un petit être dans son développement. Les conflits et les remises en question peuvent être plus fréquents, et c’est tout à fait normal. Il ne faut pas oublier qu’à moins d’être soloparental, il y a deux personnes qui s’adaptent en même temps à ce nouveau rôle de parent. Plus on a de bonnes habitudes de communication, plus on risque de s’exprimer dans un climat favorable aux échanges. La sexualité au sein du couple est sujette aux changements. On aborde peu les impacts de la grossesse et de l’accouchement sur le désir et sur la sexualité, mais ils sont bien présents. Que ce soit en raison de différents inconforts physiques (sensibilité accrue aux seins ou à la région pelvienne), de la fatigue ou de l’adaptation au corps qui change, le désir et la fréquence des relations sexuelles peuvent être altérés. Il y a aussi le déplacement affectif vers l’enfant qui n’est pas à négliger. Notre bébé sollicite énormément notre proximité et une grande partie de notre affection y sera dédiée. Il est très normal qu’une fois que le parent se retrouve seul, il ou elle ait besoin de sa bulle et que l’envie de se rapprocher physiquement du partenaire soit moindre.

Comparaison sociale et abondance d’informations

Avec Internet et les réseaux sociaux, on a accès à une tonne d’informations sur la parentalité et le développement de l’enfant au bout de nos doigts. Je me permets d’utiliser l’expression “trop c’est comme pas assez” pour nommer l’effet pervers du trop-plein de données. D’abord, les nombreuses sources peuvent être angoissantes: sur quelles me fier? En plus, avec les méthodes nombreuses et les approches variées, les informations peuvent différer. Lesquelles sont bonnes? Sans oublier que bon nombre de personnalités du monde numérique sont loin d’être qualifiées dans le domaine de l’éducation, mais se permettent de partager leurs expériences qui deviendront pour certain.es une source valide et fiable. Il est aussi facile de se comparer aux personnes qui partagent leur quotidien via les réseaux sociaux en oubliant tous les facteurs d’influence qui viennent interférer dans la fidélité de cette mesure comme point de comparaison.

Je pense qu’en tant que parent, il faut d’abord trouver une plateforme d’information pour les informations générales (le guide Mieux vivre avec notre enfant est une source fiable), puis prendre l’information auprès de professionnels qui nous rejoignent et nous inspirent pour le reste. De plus, quand les réseaux sociaux deviennent une source de stress et d’affliction face à notre rôle de parent, la meilleure chose à faire est de limiter le contenu auquel on s’expose.

Facteurs susceptibles d’influencer la satisfaction parentale

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer le niveau de satisfaction face au nouveau rôle de parent.

Âge des partenaires

Devenir parent à moins de vingt ans peut comporter plus de défis que de le devenir à la fin de la vingtaine. Évidemment, il y a plusieurs nuances à apporter puisque cela dépend toujours de la qualité du réseau et des facteurs socioéconomiques entourant les parents, mais il y a plus de chances que les parents ayant accumulé quelques années d’expérience sur le marché du travail et dans “la vie d’adulte” soient confrontés à quelques difficultés en moins. Le niveau d’instruction et la situation économique sont aussi des facteurs qui peuvent influencer la satisfaction parentale: être confronté à un stress financier en même temps que de s’adapter au rôle de parent peut être un défi et un manque d’instruction peut parfois traduire de moins bonnes capacités à chercher des informations valides et fiables sur la parentalité et le développement de l’enfant, pour ne nommer que ces possibilités.

Âge du couple

Un couple récemment engagé qui a eu moins d’occasions d’échanger sur leurs valeurs, leurs points de vue concernant l’éducation d’un enfant ou de la place de la famille dans leur vie peut être confronté à plus d’insatisfactions si les conceptions diffèrent. À l’inverse, un couple qui se connaît bien et qui a su se construire au gré des échanges et des expériences entre les partenaires peut être une base solide lorsque vient le temps d’entamer l’aventure de devenir parent, qui est un travail d’équipe. L’âge du couple ne traduit donc pas nécessairement le nombre d’années passées ensembles mais le niveau de maturité de la relation, de la connaissance de chacun et du partage des tâches établi.

Estime de soi et personnalité

La valeur qu’on s’accorde en tant que personne a certainement un impact sur la façon de vivre les différentes étapes de notre vie: si l’on a l’impression d’avoir quelque chose à offrir à nos enfants et qu’on se sent compétent en tant que parent, ce sera plus facile de s’accomplir dans ce nouveau rôle. De plus, si nous sommes des adultes avec une bonne capacité d’imprévision, un bon sens de l’humour qui nous permet de dédramatiser, une bonne tolérance à la nouveauté et des attentes réalistes envers soi-même, notre partenaire et notre bébé, ce sera aussi plus facile de s’adapter à la parentalité.

Tempérament du bébé

Comme je le mentionne dans le texte dédié au tempérament du bébé, nous arrivons toustes au monde avec un bagage bien à nous et des traits qui modulent nos approches à différentes situations. Certains bébés seront plus imprévisibles, plus intenses dans leurs réactions et plus réactifs au changement, ce qui implique beaucoup plus d’ajustements pour un parent que dans le cas d’un bébé peu dérangé par les nouvelles personnes ou situations et qui a des besoins plus prévisibles. Si le bébé sollicite constamment notre adaptation et nos soins, le quotidien peut devenir une source de frustrations, de découragements et de sentiment d’incompétence. Bien sûr, le parent développera des stratégies au fil du temps et le bébé développera peu à peu ses habiletés à faire face aux situations plus difficiles, mais ça peut entrainer davantage de défis, surtout les premiers mois.

Âge des enfants

Chaque période du développement de l’enfant comporte ses défis et ses avantages. Par contre, moins l’enfant est autonome et plus le parent devra déployer de l’énergie pour répondre à ses besoins, ce qui peut altérer la satisfaction parentale. La littérature note souvent une augmentation de la charge mentale des parents lorsque les enfants sont à l’école, en raison des apprentissages scolaires à superviser, aux relations sociales qui s’accumulent, aux loisirs et aux cours des enfants, etc. Savoir s’organiser et planifier les horaires à ce moment est une façon de limiter le stress qui peut augmenter à ce moment.

Parent de un, deux, trois…

Bien que la transition initiale s’applique surtout aux nouveaux parents, le fait d’accueillir un deuxième ou un troisième enfant implique aussi un ajustement et une adaptation au rôle de parent. Ainsi, cette transition et ses impacts peuvent se perpétuer au gré des nouveaux membres qui composent la famille. Il est parfaitement normal de trouver cette étape difficile ou du moins remplie de défis et l’adaptation nécessaire sera variable d’un adulte à l’autre selon les différents facteurs présents.

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Avril 2022.

Pour en apprendre davantage sur les concepts présentés ici…

Bélanger, S. (2017). La parentalité un processus développemental: relations entre compétences parentales et conceptions de la parentalité.

Helm, H. M., Crouter, A. C. et McHale, S. M. (2003). Marital quality and spouses’ marriage work with close friends and each other. Journal of Marriage and Family, 65(4), 963-977.

Optimiser l’estime de soi des enfants

Construire une estime de soi positive est une base non négligeable dans le développement des enfants. Avoir confiance en soi et en ses capacités permettra aux enfants de bâtir des relations solides avec les autres, d’atteindre ses objectifs et de maintenir une motivation dans l’accomplissement de différents projets. Comment permettre à nos enfants d’optimiser la valeur qu’iels s’accordent à eux/elles-mêmes ? Voici quelques pistes basées sur les quatre principales composantes de l’estime de soi.

Sentiment de sécurité

Une estime de soi positive part de réponses adaptées aux besoins de l’enfant, et ce, dès sa naissance. En intégrant rapidement la conscience de pouvoir compter sur ses propres capacités pour s’exprimer et compter sur le support des autres qui l’entourent dans la satisfaction de ses besoins, l’enfant aura une bonne base quant au développement d’une saine image de lui-même/d’elle-même.

Identité positive

C’est au gré des remarques de son entourage que l’enfant pourra construire sa représentation de lui-même/ d’elle-même. En nourrissant positivement son image de soi, l’enfant pourra ainsi connaître ses forces et ses limites. Sans complimenter à outrance, il importe de donner des rétroactions concrètes aux enfants en spécifiant ce qu’on admire chez eux ou elles. Ainsi, non seulement l’enfant se sentira valorisé pour des traits et forces précis, iel sera en mesure de se construire un concept de soi juste et positif.

Sentiment d’appartenance

Sentir qu’on fait partie d’un groupe est essentiel pour le développement d’une bonne estime de soi. Offrir à l’enfant un milieu familial où iel est inclus.e dans les activités, les projets et les tâches est la première étape d’une saine image de soi, puis si possible, lui permettre de s’intégrer à différents groupes par le biais d’activités et de loisirs ne peut qu’être bénéfique. Savoir qu’on est accepté par nos pairs est un pilier d’une représentation positive de soi-même.

Sentiment de compétence

Se trouver bon.ne dans quelque chose est un autre élément important dans la construction d’une estime de soi positive. Identifier clairement ce dans quoi nous avons des forces et de les mettre à profit est si bénéfique dans la valeur positive qu’on s’accorde avec le temps : permettez à vos enfants d’explorer leurs intérêts et de mener à terme des projets qui les rendront fier.es et accompli.es !

Vous aimez le développement humain? Mon ouvrage Guide des repères du développement humain risque de vous plaire!

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Mars 2022.

L’anxiété de séparation et le rituel des au revoir

Les parents qui intègrent leur tout-petit en centre de la petite enfance ou autre milieu de garde seront inévitablement confrontés à la séparation de leur enfant. Ces moments sont bien sûr difficiles, et un conseil qui semble revenir de temps en temps est qu’il serait mieux de ne pas étirer les au revoir et même de quitter rapidement, parfois incognito. Lorsque j’aborde les notions de développement émotionnel et d’attachement, notamment, avec mes étudiants au Cégep dans les cours des programmes divers en éducation, je m’efforce de rappeler à ces futurs professionnels la nécessité de prendre le temps d’accompagner l’enfant lors de la séparation avec son parent et d’éviter de créer un climat où ce dernier est pressé dans son départ.

Voici quelques repères pour aider à mieux comprendre l’importance de prendre le temps de quitter son enfant en pleurs dans le réconfort et l’écoute, et que même si la séparation est inévitable et difficile, l’anxiété de séparation demeure une détresse qui diminuera avec le temps et laissera place à un sentiment de confiance renforcé lorsqu’elle aura été entendue les matins où elle se sera manifestée vivement.

L’anxiété de séparation : C’est quoi?

L’anxiété de séparation, ou angoisse de séparation, est le sentiment de détresse ressenti par l’enfant quand la personne qui s’occupe habituellement de lui le quitte. Cette angoisse apparaît entre 8 et 9 mois et peut durer jusqu’à 12 mois, tout dépendant du tempérament de l’enfant et de différents facteurs environnementaux. Au gré du temps et du lien de confiance qui va s’établir entre l’enfant, son parent et les différents intervenant des milieux qu’il fréquente, l’anxiété de séparation va disparaître naturellement. Il est toutefois possible de la voir revenir dans une situation nouvelle ou stressante pour l’enfant.

À noter que cette anxiété est normale chez les tout-petits, et peut apparaître plus tard si l’enfant traverse une période plus difficile, par exemple. L’anxiété est une réaction de l’organisme qui ne traduit pas nécessaire un disfonctionnement: un adulte peut être anxieux sans avoir un trouble de l’humeur et un enfant peut vivre de l’anxiété lors des séparations sans que ce soit pathologique.

La permanence de l’objet : Le coupable

L’apparition de l’anxiété de séparation va de pair avec la permanence de l’objet qui se construit graduellement entre 6 mois et 2 ans et qui consiste en la capacité de l’enfant de comprendre que les objets et les personnes existent en dehors de leur champs de perception. Vers 8 ou 9 mois, l’enfant commence à comprendre que ses parents existent encore même lorsqu’il ne les voit pas, mais a de la difficulté à concevoir où ils sont s’ils ne sont pas auprès de lui, ce qui génère une angoisse.

Le lien de confiance et l’importance d’assister au départ du parent

Même si la séparation est inévitable, il est important que le besoin de réconfort de l’enfant soit comblé. C’est pourquoi l’émotion de tristesse de l’enfant doit être accueillie et qu’on laisse l’enfant vivre son émotion sans être pressé de lui changer les idées.

Les rituels des au revoir permettent à l’enfant de connaître éventuellement la routine associée au départ du parent et contribuent aux retrouvailles : graduellement l’enfant va comprendre que son parent qui le quitte reviendra toujours, et c’est dans la qualité du temps passé à normaliser les émotions et de la prise de conscience du départ que cette compréhension va se construire, tout comme le lien de confiance entre toutes les parties.

En guise de conclusion, je vous rappelle la nécessité de collaborer avec la personne qui vous remplace lorsque vous n’êtes pas auprès de votre enfant: établir un rituel bienveillant et réconfortant afin de s’assurer que malgré l’angoisse, l’enfant demeure écouté et rassuré, pour intégrer peu à peu que lorsque mon parent quitte, il revient toujours!


Vous aimez le développement humain? Mon ouvrage Guide des repères du développement humain risque de vous plaire!

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Septembre 2021.

Inciter l’enfant au partage?

« Allez, partage ton jouet avec ton ami. C’est gentil de partager et ça lui fera plaisir!… »

Avec la fête de Charlotte qui vient de passer et le fait qu’elle a découvert, lors de cette journée, plusieurs nouveaux jouets, je me sentais inspirée de vous parler de pourquoi il n’est pas idéal de fortement inciter notre enfant à partager (notamment dans les moments où il n’en a pas envie, comme à son anniversaire lorsqu’il déballe ses jeux neufs!).

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il va de soi qu’un enfant puisse développer la propension à manifester des comportements prosociaux, comme le partage, puisque ces comportements ont entre autre de beaux impacts sur le développement des relations sociales et l’acception par les pairs. Il est aussi normal d’inciter au partage dans un contexte de jeu coopératif où le matériel doit être manipulé par tous, par exemple. Toutefois, il est normal que les enfants aient plus de difficulté à démontrer ces habiletés prosociales à certains moments, comme pour nous les adultes. Voici donc quelques repères qui aident à mieux comprendre comment aider l’enfant à manifester ces comportements prosociaux comme le partage et pourquoi le fait de forcer l’enfant à le faire ne sera pas nécessairement efficace ni adéquat!

Les modèles des comportements prosociaux

Des parents qui agissent comme modèles dans les comportements prosociaux et qui se montrent respectueux des limites de l’enfant auront un impact positif sur le développement de ces mêmes comportements chez lui; l’enfant qui voit ses parents partager avec les autres, mais qui respectent leur réticence à le faire lors de certains moments sera plus enclin à partager à son tour.

Égocentrisme intellectuel et empathie

Entre 1 et 3 ans, l’enfant fait preuve d’égocentrisme intellectuel. Ainsi, il peut reconnaître les émotions chez une personne, sans pour autant comprendre comment elle se sent, ni savoir quoi faire. Il peut comprendre la tristesse d’un autre enfant qui n’a pas le jouet avec lequel il joue, par exemple, mais peut ne pas réaliser que la solution serait de partager avec lui. Forcer l’enfant à le faire ne lui permettra pas d’internaliser le geste comme en étant un positif; mais on peut compter sur l’évolution de son empathie qui lui permettra, le temps venu, d’en venir par lui-même à poser ce geste. À partir de 3 ans, les enfants sont capables d’inférer l’état mental d’autrui et ainsi manifester plus vivement l’empathie.

Émotions contradictoires

Les enfants de moins de 6 ans ont de la difficulté à comprendre les émotions contradictoires; ainsi il est difficile pour un enfant de comprendre que même s’il n’a pas envie de partager sur le moment, il peut ressentir du bonheur en voyant qu’il fait plaisir aux autres lorsqu’il partage. C’est en expérimentant de lui-même cette situation qu’il pourra comprendre les impacts de son geste et être plus enclin à reproduire ce comportement naturellement.

L’importance de respecter les limites de l’enfant…

« Aurais-tu envie de partager? Je pense que ça ferait plaisir à ton ami… » parfois, ce sera non, mais ce sera sans doute oui lorsque l’enfant aura compris l’impact des comportements prosociaux grâce à un accompagnement de son parent à l’écoute !

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