Devenir parent: une transition importante dans le développement de l’adulte

L’arrivée de notre bébé au sein du cocon familial a beau avoir été une décision réfléchie qui a mûrie au gré des neuf mois de cohabitation dans le ventre de la mère, je pense que plusieurs, tout comme je l’ai vécu, vivront ce bref instant de panique en déposant la coquille qui contient notre humain tout neuf au milieu du salon, au retour de l’hôpital, en se demandant: “Et maintenant, il se passe quoi?”. Je me souviens des quelques jours où je semblais avoir perdu tous mes repères dans mon propre appartement, à découvrir une petite vie qu’on aime tant sans vraiment la connaître, et des semaines où je devais tranquillement apprendre ce que serait ma nouvelle routine, mon nouveau rôle.

Les premiers jours avec ma Charlotte, capturée par Alexandra Quinn

Devenir parent nécessite le développement d’une foule de nouvelles compétences, et même si on a déjà appris comment changer une couche et qu’on a côtoyé de petits bébés, il ne sera pas nécessairement possible de faire un transfert de ces apprentissages sur notre propre bébé, puisqu’il y a une tonne d’éléments. Son arrivée n’est pas synonyme de tâches à remplir, c’est plutôt un tout nouveau rôle qui nous définit qu’on doit apprendre à apprivoiser et c’est une étape du développement adulte qui nécessitera une adaptation.

Acquérir les compétences requises pour bien assumer son rôle de parent est une tâche exigeante et progressive puisqu’elle nécessite des ajustements constants en fonction du développement de l’enfant. Ceci nécessite de la part du parent qu’il devienne moins dépendant, plus proactif, qu’il assume davantage de responsabilités et qu’il clarifie sans cesse ses valeurs. Dans de telles conditions, il semble possible de présager que le fait de devenir parent constitue une expérience personnelle de développement. 

Bélanger, S. (2017). La parentalité un processus développemental: relations entre compétences parentales et conceptions de la parentalité.

Changement radical dans les habitudes de vie

Je me souviens avoir tenté de ralentir mon rythme quotidien avant l’arrivée de mon fils; mon premier bébé. Je savais que je ne pourrais plus consacrer autant de temps aux sphères relationnelles et professionnelles. Sans dire que la parentalité empêche de se réaliser sur d’autres plans, il est peu probable qu’on maintienne la cadence de cette vie d’avant. Même préparée à cette idée, il m’a fallu beaucoup de temps pour trouver l’équilibre entre toutes les dimensions qui me définissaient comme femme: j’étais maintenant mère, mais je voulais demeurer une professionnelle qui s’épanouissait et qui continuait de se nourrir par différents projets, tant sociaux que personnels. Je pense toutefois qu’il m’a fallu savoir m’arrêter, surtout lors de la première année, pour retrouver cette symétrie dans mon mode de vie. Combien de fois je me suis ordonné de profiter des après-midis à bercer mon petit, en me rappelant que ces moments seraient temporaires et qu’ils passeraient plus vite que ça en paraissait. Ceci étant dit, il n’y a pas de manière universelle de traverser ce chamboulement de nos habitudes de vie, puisque nous avons tous des réalités et des personnalités différentes, mais de connaître la normalité d’avoir à s’y faire est déjà un premier pas dans la bonne direction de l’adaptation.

Dynamique de couple bousculée

Il est tout à fait attendu que la dynamique au sein du couple soit quelque peu chamboulée. D’abord, il y a encore plus de raisons d’échanger et de confronter des points de vue puisqu’on tente à deux d’accompagner un petit être dans son développement. Les conflits et les remises en question peuvent être plus fréquents, et c’est tout à fait normal. Il ne faut pas oublier qu’à moins d’être soloparental, il y a deux personnes qui s’adaptent en même temps à ce nouveau rôle de parent. Plus on a de bonnes habitudes de communication, plus on risque de s’exprimer dans un climat favorable aux échanges. La sexualité au sein du couple est sujette aux changements. On aborde peu les impacts de la grossesse et de l’accouchement sur le désir et sur la sexualité, mais ils sont bien présents. Que ce soit en raison de différents inconforts physiques (sensibilité accrue aux seins ou à la région pelvienne), de la fatigue ou de l’adaptation au corps qui change, le désir et la fréquence des relations sexuelles peuvent être altérés. Il y a aussi le déplacement affectif vers l’enfant qui n’est pas à négliger. Notre bébé sollicite énormément notre proximité et une grande partie de notre affection y sera dédiée. Il est très normal qu’une fois que le parent se retrouve seul, il ou elle ait besoin de sa bulle et que l’envie de se rapprocher physiquement du partenaire soit moindre.

Comparaison sociale et abondance d’informations

Avec Internet et les réseaux sociaux, on a accès à une tonne d’informations sur la parentalité et le développement de l’enfant au bout de nos doigts. Je me permets d’utiliser l’expression “trop c’est comme pas assez” pour nommer l’effet pervers du trop-plein de données. D’abord, les nombreuses sources peuvent être angoissantes: sur quelles me fier? En plus, avec les méthodes nombreuses et les approches variées, les informations peuvent différer. Lesquelles sont bonnes? Sans oublier que bon nombre de personnalités du monde numérique sont loin d’être qualifiées dans le domaine de l’éducation, mais se permettent de partager leurs expériences qui deviendront pour certain.es une source valide et fiable. Il est aussi facile de se comparer aux personnes qui partagent leur quotidien via les réseaux sociaux en oubliant tous les facteurs d’influence qui viennent interférer dans la fidélité de cette mesure comme point de comparaison.

Je pense qu’en tant que parent, il faut d’abord trouver une plateforme d’information pour les informations générales (le guide Mieux vivre avec notre enfant est une source fiable), puis prendre l’information auprès de professionnels qui nous rejoignent et nous inspirent pour le reste. De plus, quand les réseaux sociaux deviennent une source de stress et d’affliction face à notre rôle de parent, la meilleure chose à faire est de limiter le contenu auquel on s’expose.

Facteurs susceptibles d’influencer la satisfaction parentale

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer le niveau de satisfaction face au nouveau rôle de parent.

Âge des partenaires

Devenir parent à moins de vingt ans peut comporter plus de défis que de le devenir à la fin de la vingtaine. Évidemment, il y a plusieurs nuances à apporter puisque cela dépend toujours de la qualité du réseau et des facteurs socioéconomiques entourant les parents, mais il y a plus de chances que les parents ayant accumulé quelques années d’expérience sur le marché du travail et dans “la vie d’adulte” soient confrontés à quelques difficultés en moins. Le niveau d’instruction et la situation économique sont aussi des facteurs qui peuvent influencer la satisfaction parentale: être confronté à un stress financier en même temps que de s’adapter au rôle de parent peut être un défi et un manque d’instruction peut parfois traduire de moins bonnes capacités à chercher des informations valides et fiables sur la parentalité et le développement de l’enfant, pour ne nommer que ces possibilités.

Âge du couple

Un couple récemment engagé qui a eu moins d’occasions d’échanger sur leurs valeurs, leurs points de vue concernant l’éducation d’un enfant ou de la place de la famille dans leur vie peut être confronté à plus d’insatisfactions si les conceptions diffèrent. À l’inverse, un couple qui se connaît bien et qui a su se construire au gré des échanges et des expériences entre les partenaires peut être une base solide lorsque vient le temps d’entamer l’aventure de devenir parent, qui est un travail d’équipe. L’âge du couple ne traduit donc pas nécessairement le nombre d’années passées ensembles mais le niveau de maturité de la relation, de la connaissance de chacun et du partage des tâches établi.

Estime de soi et personnalité

La valeur qu’on s’accorde en tant que personne a certainement un impact sur la façon de vivre les différentes étapes de notre vie: si l’on a l’impression d’avoir quelque chose à offrir à nos enfants et qu’on se sent compétent en tant que parent, ce sera plus facile de s’accomplir dans ce nouveau rôle. De plus, si nous sommes des adultes avec une bonne capacité d’imprévision, un bon sens de l’humour qui nous permet de dédramatiser, une bonne tolérance à la nouveauté et des attentes réalistes envers soi-même, notre partenaire et notre bébé, ce sera aussi plus facile de s’adapter à la parentalité.

Tempérament du bébé

Comme je le mentionne dans le texte dédié au tempérament du bébé, nous arrivons toustes au monde avec un bagage bien à nous et des traits qui modulent nos approches à différentes situations. Certains bébés seront plus imprévisibles, plus intenses dans leurs réactions et plus réactifs au changement, ce qui implique beaucoup plus d’ajustements pour un parent que dans le cas d’un bébé peu dérangé par les nouvelles personnes ou situations et qui a des besoins plus prévisibles. Si le bébé sollicite constamment notre adaptation et nos soins, le quotidien peut devenir une source de frustrations, de découragements et de sentiment d’incompétence. Bien sûr, le parent développera des stratégies au fil du temps et le bébé développera peu à peu ses habiletés à faire face aux situations plus difficiles, mais ça peut entrainer davantage de défis, surtout les premiers mois.

Âge des enfants

Chaque période du développement de l’enfant comporte ses défis et ses avantages. Par contre, moins l’enfant est autonome et plus le parent devra déployer de l’énergie pour répondre à ses besoins, ce qui peut altérer la satisfaction parentale. La littérature note souvent une augmentation de la charge mentale des parents lorsque les enfants sont à l’école, en raison des apprentissages scolaires à superviser, aux relations sociales qui s’accumulent, aux loisirs et aux cours des enfants, etc. Savoir s’organiser et planifier les horaires à ce moment est une façon de limiter le stress qui peut augmenter à ce moment.

Parent de un, deux, trois…

Bien que la transition initiale s’applique surtout aux nouveaux parents, le fait d’accueillir un deuxième ou un troisième enfant implique aussi un ajustement et une adaptation au rôle de parent. Ainsi, cette transition et ses impacts peuvent se perpétuer au gré des nouveaux membres qui composent la famille. Il est parfaitement normal de trouver cette étape difficile ou du moins remplie de défis et l’adaptation nécessaire sera variable d’un adulte à l’autre selon les différents facteurs présents.

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Avril 2022.

Pour en apprendre davantage sur les concepts présentés ici…

Bélanger, S. (2017). La parentalité un processus développemental: relations entre compétences parentales et conceptions de la parentalité.

Helm, H. M., Crouter, A. C. et McHale, S. M. (2003). Marital quality and spouses’ marriage work with close friends and each other. Journal of Marriage and Family, 65(4), 963-977.

Optimiser l’estime de soi des enfants

Construire une estime de soi positive est une base non négligeable dans le développement des enfants. Avoir confiance en soi et en ses capacités permettra aux enfants de bâtir des relations solides avec les autres, d’atteindre ses objectifs et de maintenir une motivation dans l’accomplissement de différents projets. Comment permettre à nos enfants d’optimiser la valeur qu’iels s’accordent à eux/elles-mêmes ? Voici quelques pistes basées sur les quatre principales composantes de l’estime de soi.

Sentiment de sécurité

Une estime de soi positive part de réponses adaptées aux besoins de l’enfant, et ce, dès sa naissance. En intégrant rapidement la conscience de pouvoir compter sur ses propres capacités pour s’exprimer et compter sur le support des autres qui l’entourent dans la satisfaction de ses besoins, l’enfant aura une bonne base quant au développement d’une saine image de lui-même/d’elle-même.

Identité positive

C’est au gré des remarques de son entourage que l’enfant pourra construire sa représentation de lui-même/ d’elle-même. En nourrissant positivement son image de soi, l’enfant pourra ainsi connaître ses forces et ses limites. Sans complimenter à outrance, il importe de donner des rétroactions concrètes aux enfants en spécifiant ce qu’on admire chez eux ou elles. Ainsi, non seulement l’enfant se sentira valorisé pour des traits et forces précis, iel sera en mesure de se construire un concept de soi juste et positif.

Sentiment d’appartenance

Sentir qu’on fait partie d’un groupe est essentiel pour le développement d’une bonne estime de soi. Offrir à l’enfant un milieu familial où iel est inclus.e dans les activités, les projets et les tâches est la première étape d’une saine image de soi, puis si possible, lui permettre de s’intégrer à différents groupes par le biais d’activités et de loisirs ne peut qu’être bénéfique. Savoir qu’on est accepté par nos pairs est un pilier d’une représentation positive de soi-même.

Sentiment de compétence

Se trouver bon.ne dans quelque chose est un autre élément important dans la construction d’une estime de soi positive. Identifier clairement ce dans quoi nous avons des forces et de les mettre à profit est si bénéfique dans la valeur positive qu’on s’accorde avec le temps : permettez à vos enfants d’explorer leurs intérêts et de mener à terme des projets qui les rendront fier.es et accompli.es !

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Rédigé par Laurence Morency-Guay. Mars 2022.

L’anxiété de séparation et le rituel des au revoir

Les parents qui intègrent leur tout-petit en centre de la petite enfance ou autre milieu de garde seront inévitablement confrontés à la séparation de leur enfant. Ces moments sont bien sûr difficiles, et un conseil qui semble revenir de temps en temps est qu’il serait mieux de ne pas étirer les au revoir et même de quitter rapidement, parfois incognito. Lorsque j’aborde les notions de développement émotionnel et d’attachement, notamment, avec mes étudiants au Cégep dans les cours des programmes divers en éducation, je m’efforce de rappeler à ces futurs professionnels la nécessité de prendre le temps d’accompagner l’enfant lors de la séparation avec son parent et d’éviter de créer un climat où ce dernier est pressé dans son départ.

Voici quelques repères pour aider à mieux comprendre l’importance de prendre le temps de quitter son enfant en pleurs dans le réconfort et l’écoute, et que même si la séparation est inévitable et difficile, l’anxiété de séparation demeure une détresse qui diminuera avec le temps et laissera place à un sentiment de confiance renforcé lorsqu’elle aura été entendue les matins où elle se sera manifestée vivement.

L’anxiété de séparation : C’est quoi?

L’anxiété de séparation, ou angoisse de séparation, est le sentiment de détresse ressenti par l’enfant quand la personne qui s’occupe habituellement de lui le quitte. Cette angoisse apparaît entre 8 et 9 mois et peut durer jusqu’à 12 mois, tout dépendant du tempérament de l’enfant et de différents facteurs environnementaux. Au gré du temps et du lien de confiance qui va s’établir entre l’enfant, son parent et les différents intervenant des milieux qu’il fréquente, l’anxiété de séparation va disparaître naturellement. Il est toutefois possible de la voir revenir dans une situation nouvelle ou stressante pour l’enfant.

À noter que cette anxiété est normale chez les tout-petits, et peut apparaître plus tard si l’enfant traverse une période plus difficile, par exemple. L’anxiété est une réaction de l’organisme qui ne traduit pas nécessaire un disfonctionnement: un adulte peut être anxieux sans avoir un trouble de l’humeur et un enfant peut vivre de l’anxiété lors des séparations sans que ce soit pathologique.

La permanence de l’objet : Le coupable

L’apparition de l’anxiété de séparation va de pair avec la permanence de l’objet qui se construit graduellement entre 6 mois et 2 ans et qui consiste en la capacité de l’enfant de comprendre que les objets et les personnes existent en dehors de leur champs de perception. Vers 8 ou 9 mois, l’enfant commence à comprendre que ses parents existent encore même lorsqu’il ne les voit pas, mais a de la difficulté à concevoir où ils sont s’ils ne sont pas auprès de lui, ce qui génère une angoisse.

Le lien de confiance et l’importance d’assister au départ du parent

Même si la séparation est inévitable, il est important que le besoin de réconfort de l’enfant soit comblé. C’est pourquoi l’émotion de tristesse de l’enfant doit être accueillie et qu’on laisse l’enfant vivre son émotion sans être pressé de lui changer les idées.

Les rituels des au revoir permettent à l’enfant de connaître éventuellement la routine associée au départ du parent et contribuent aux retrouvailles : graduellement l’enfant va comprendre que son parent qui le quitte reviendra toujours, et c’est dans la qualité du temps passé à normaliser les émotions et de la prise de conscience du départ que cette compréhension va se construire, tout comme le lien de confiance entre toutes les parties.

En guise de conclusion, je vous rappelle la nécessité de collaborer avec la personne qui vous remplace lorsque vous n’êtes pas auprès de votre enfant: établir un rituel bienveillant et réconfortant afin de s’assurer que malgré l’angoisse, l’enfant demeure écouté et rassuré, pour intégrer peu à peu que lorsque mon parent quitte, il revient toujours!


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Rédigé par Laurence Morency-Guay. Septembre 2021.

Inciter l’enfant au partage?

« Allez, partage ton jouet avec ton ami. C’est gentil de partager et ça lui fera plaisir!… »

Avec la fête de Charlotte qui vient de passer et le fait qu’elle a découvert, lors de cette journée, plusieurs nouveaux jouets, je me sentais inspirée de vous parler de pourquoi il n’est pas idéal de fortement inciter notre enfant à partager (notamment dans les moments où il n’en a pas envie, comme à son anniversaire lorsqu’il déballe ses jeux neufs!).

Tout d’abord, je tiens à préciser qu’il va de soi qu’un enfant puisse développer la propension à manifester des comportements prosociaux, comme le partage, puisque ces comportements ont entre autre de beaux impacts sur le développement des relations sociales et l’acception par les pairs. Il est aussi normal d’inciter au partage dans un contexte de jeu coopératif où le matériel doit être manipulé par tous, par exemple. Toutefois, il est normal que les enfants aient plus de difficulté à démontrer ces habiletés prosociales à certains moments, comme pour nous les adultes. Voici donc quelques repères qui aident à mieux comprendre comment aider l’enfant à manifester ces comportements prosociaux comme le partage et pourquoi le fait de forcer l’enfant à le faire ne sera pas nécessairement efficace ni adéquat!

Les modèles des comportements prosociaux

Des parents qui agissent comme modèles dans les comportements prosociaux et qui se montrent respectueux des limites de l’enfant auront un impact positif sur le développement de ces mêmes comportements chez lui; l’enfant qui voit ses parents partager avec les autres, mais qui respectent leur réticence à le faire lors de certains moments sera plus enclin à partager à son tour.

Égocentrisme intellectuel et empathie

Entre 1 et 3 ans, l’enfant fait preuve d’égocentrisme intellectuel. Ainsi, il peut reconnaître les émotions chez une personne, sans pour autant comprendre comment elle se sent, ni savoir quoi faire. Il peut comprendre la tristesse d’un autre enfant qui n’a pas le jouet avec lequel il joue, par exemple, mais peut ne pas réaliser que la solution serait de partager avec lui. Forcer l’enfant à le faire ne lui permettra pas d’internaliser le geste comme en étant un positif; mais on peut compter sur l’évolution de son empathie qui lui permettra, le temps venu, d’en venir par lui-même à poser ce geste. À partir de 3 ans, les enfants sont capables d’inférer l’état mental d’autrui et ainsi manifester plus vivement l’empathie.

Émotions contradictoires

Les enfants de moins de 6 ans ont de la difficulté à comprendre les émotions contradictoires; ainsi il est difficile pour un enfant de comprendre que même s’il n’a pas envie de partager sur le moment, il peut ressentir du bonheur en voyant qu’il fait plaisir aux autres lorsqu’il partage. C’est en expérimentant de lui-même cette situation qu’il pourra comprendre les impacts de son geste et être plus enclin à reproduire ce comportement naturellement.

L’importance de respecter les limites de l’enfant…

« Aurais-tu envie de partager? Je pense que ça ferait plaisir à ton ami… » parfois, ce sera non, mais ce sera sans doute oui lorsque l’enfant aura compris l’impact des comportements prosociaux grâce à un accompagnement de son parent à l’écoute !

Ne manquez pas mon contenu sur le développement via les réseaux sociaux!

Les systèmes de motivation: oui ou non?

Est-ce une bonne idée d’user de systèmes de récompenses auprès des enfants afin de favoriser et aider à maintenir les “bons” comportements?

Quelques exemples de systèmes de motivation:

Des systèmes de motivation permettent à l’enfant de visualiser ses réussites, lui permettent d’atteindre des objectifs sous forme de récompenses (privilèges ou biens matériels) et concrétisent ses succès dans un contexte généralement ludique.

Pour ou contre?

Comme beaucoup de questionnements liés au développement et à l’éducation des enfants, la réponse n’est pas noire ou blanche. Je vous dirais que lorsque bien utilisés, ces moyens sont très efficaces auprès des enfants (âge préscolaire et primaire) puisqu’ils ont besoin d’expériences concrètes et de motivations tangibles pour retenir les gestes encouragés et les bons choix à faire. Par contre, ils ne seront pas nécessairement pertinents auprès de tous les enfants qui, on se le rappelle, sont tous uniques de par leur tempérament, entre autres. Aussi, certains parents ne sont pas à l’aise et c’est tout à fait correct.

J’aimerais quand même prendre le temps de présenter quelques informations au sujet du développement en lien avec l’utilisation de ces méthodes (systèmes de récompenses, tableaux de motivation, etc.), car je pense que des parents se positionnant “contre” celles-ci le font en raison d’une mauvaise compréhension.

Motivation intrinsèque et extrinsèque

D’abord, j’aimerais vous aider à distinguer deux concepts de la théorie de l’autodétermination en lien avec la motivation de l’humain. Cette théorie propose deux formes de motivation: celle intrinsèque (venant de l’intérieur) et celle extrinsèque (venant de l’extérieur). Lorsque tous nos comportements et nos choix sont motivés par une source externe, comme de l’argent ou de l’attention d’autrui, il est fort probable que nous finissions par ressentir un grand vide puisqu’il est préférable de miser sur des sources internes, comme un profond sentiment d’accomplissement ou de fierté issu d’un lien direct entre l’humain et l’action.

Les systèmes de motivation misent beaucoup sur la motivation extrinsèque: l’enfant est encouragé dans ses bons comportements par l’atteinte de différentes récompenses. Ainsi, il va de soi que ses gestes sont motivés par l’obtention de cette récompense et donc une source externe. Pourquoi alors ne pas miser plutôt sur une source de motivation intrinsèque afin de motiver ses actions et gestes positifs? Parce que les motivations intrinsèques sont très abstraites et que les enfants, jusqu’à 12 ans et parfois au-delà, ont besoin de situations tangibles et d’expériences concrètes pour comprendre leurs choix et leurs actions. Tel qu’abordé ici, le développement cognitif des enfants suit certains stades et avant l’adolescence, les notions abstraites sont très difficiles à comprendre pour eux. Avant de miser sur la motivation intrinsèque, on mise donc sur la motivation extrinsèque. Les deux formes de motivation se développent en quelque sorte en parallèle et s’accompagnent l’une et l’autre dans plusieurs situations. Il est adéquat de motiver nos actions par des sources extérieures à l’occasion: il nous arrive tous d’aller travailler uniquement pour ramener un salaire, mais à long terme, si nous ne vivons pas des gratifications internes, il est fort possible qu’on ne soit pas tout à fait heureux sur le plan professionnel. Chez les enfants, c’est pareil. Ils ont besoin de vivre concrètement l’impact de leurs gestes pour tranquillement évoluer dans une forme de motivation qui viendra d’une source interne plutôt qu’externe.

Comment bien utiliser les systèmes de motivation?

Afin de s’assurer que les enfants évoluent d’une motivation extrinsèque à intrinsèque dans le choix de leurs gestes et dans leurs comportements, il importe de soutenir l’utilisation de ces méthodes de renforcement. On ne peut pas simplement récompenser chaque bon geste sans offrir un support à l’enfant dans sa compréhension de ce que la récompense représente et comment son comportement peut avoir un impact sur lui et sur son environnement.

Par exemple, si je récompense mon enfant pour avoir partagé avec son frère ou sa soeur par le biais du système utilisé, je dois aussi lui permettre de reconnaître, outre l’obtention d’un autocollant sur un tableau, d’un jeton gagné ou d’un privilège, les émotions positives que cela lui a fait vivre (fierté, bonheur, etc.) et les impacts directs sur son environnement (joie du frère/soeur, ambiance agréable, etc.). Je peux lui faire nommer ses émotions et ce qu’il observe directement de la situation. Cette prise de conscience est accompagnée de la récompense afin d’effectuer le renforcement positif nécessaire pour augmenter et/ou maintenir l’apparition du comportement. Un bon mélange de conditionnement et d’approche bienveillante est, à mon avis, une combinaison plus qu’efficace.

Pour ou contre, prise deux

En guise de conclusion, j’aimerais revenir sur le fait d’être “pour” ou “contre” ces méthodes. Je ne pense pas qu’il faut se positionner sur l’un ou l’autre de ces extrêmes, mais simplement se demander si en tant que parent ce genre d’outil peut m’aider à accompagner mes enfants dans l’implication à la maison, si ça peut les encourager à adopter des attitudes positives et aider à les accompagner dans la compréhension de ce qui est adéquat et ce qui l’est moins et si ça correspond à mes valeurs familiales. Comme je l’ai mentionné, lorsque ces outils sont bien utilisés, il n’y a pas de raison d’être “contre” puisqu’ils sont très cohérents avec le développement de l’enfant et sa maturation. Il importe simplement de trouver une formule qui vous convient ! 🙂

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Avril 2021.

Vas-y, t’es capable!

Ce n’est pas un secret pour personne que les tout-petits, dès l’âge de 18 mois, commencent à manifester un fort besoin d’autonomie. Ces élans d’indépendance, de quête de liberté et de volonté à tout faire seul sont normaux et perdurent généralement jusqu’à 3 ans. En tant que parent, il est important de soutenir ce besoin et de l’encadrer en faisant preuve d’une bonne dose de patience et de lâcher-prise!

“Je veux le faire tout seul!”

Entre 18 mois et 3 ans, les enfants manifesteront un besoin grandissant de réaliser les tâches, des plus simples aux plus complexes, par eux-mêmes. Certains demanderont du support, d’autres s’obstineront pour ne pas être aidés. Dans un cas comme dans l’autre, il est essentiel qu’en tant que parent, nous laissions l’opportunité à l’enfant de développer son autonomie. Faire tout à leur place, vouloir trop contrôler ou intervenir dès que l’enfant semble avoir une difficulté est souvent tentant, mais ne pas leur permettre de s’exécuter seuls ou de faire leurs propres choix ne fera que générer des frustrations et de l’impatience chez les deux parties. Un enfant qui ne peut pas affirmer son autonomie risque de développer des sentiments de doute envers lui-même (“je ne suis probablement pas capable si on ne me laisse pas le faire”), de honte (“je n’arrive jamais à faire les choses tout seul”) et de culpabilité (“il faut toujours que quelqu’un m’aide ou fasse les choses à ma place”). Par contre, il a aussi besoin du support de l’adulte quand une tâche est trop difficile. Un parent peut soutenir l’autonomie de l’enfant en remarquant jusqu’où l’enfant est capable de réaliser une action de lui-même afin d’arriver juste au bon moment pour offrir le coup de pouce nécessaire. Par exemple, il se peut que l’enfant ait besoin qu’on l’aide à enfiler ses pieds dans son pantalon pour ensuite terminer de le revêtir seul. C’est ce qu’on appelle l’étayage. Cela est la meilleure façon d’offrir juste assez de support pour que l’enfant développe son sentiment de compétence et la satisfaction d’être capable de faire de plus en plus de choses.

“Je veux le faire, mais j’ai besoin d’aide”

Laisser place à l’autonomie de l’enfant ne veut pas dire de ne plus l’encadrer. Au contraire, c’est important que l’adulte puisse aider l’enfant à distinguer ce qu’il peut faire seul et ce qu’il doit faire avec un certain support. Cela permettra à l’enfant de développer sa capacité à reconnaitre ses propres limites, ce qui est nécessaire au bon développement de l’autonomie, de la confiance et de l’acceptation de la critique. Bien que souvent, l’enfant va demander de l’aide quand il en aura besoin, il se peut que l’adulte doive rester attentif pour pouvoir intervenir au bon moment. Parfois, il faudra aussi aider l’enfant juste assez pour le motiver à continuer par lui-même. Quand un enfant s’impatiente ou se fâche, ou encore quand il demande de l’assistance pour toute tâche qu’il doit réaliser, il importe d’offrir la bonne dose de soutien: en faire juste assez pour que l’enfant puisse accomplir la grande partie de l’action tout seul.

“Vas-y, t’es capable!”

Plusieurs parents se demandent souvent comment offrir à leurs tout-petits les opportunités de développer leur autonomie en jonglant avec la réalité du quotidien. On veut bien les laisser s’habiller seuls, mais quand l’heure du départ se fait sentir, la patience est moins au rendez-vous. Parfois, l’autonomie c’est aussi de faire un choix encadré, de savoir quand papa ou maman ont besoin d’un coup de mains ou encore de pouvoir faire preuve de flexibilité en acceptant l’aide qu’on nous propose. L’important c’est surtout de permettre à l’enfant d’avoir différents moments dans sa journée où il peut manifester son autonomie: c’est tout à fait correct de ne pas être en mesure de le faire en tout temps.

D’abord, pour vous offrir certains repères, je vous propose de miser sur les moments de routine de l’enfant afin de stimuler son autonomie. Ces moments qui reviennent chaque jour offrent diverses situations qui permettent à l’enfant de réaliser seul différentes tâches et au parent de pouvoir observer et développer leur capacité à intervenir au bon moment. À noter que la liste suivante n’est pas exhaustive; ce sont mes suggestions, mais il y a une foule d’autres façons de soutenir l’autonomie des tout-petits.

Routine de l’habillement

Laisser l’enfant faire ses choix de vêtements: lui proposer deux ou trois options et le laisser décider, rendre un tiroir accessible où il peut choisir parmi tous les morceaux qui s’y trouvent, afficher des images ou des pictogrammes de chaque morceau que l’enfant doit choisir.

Laisser l’enfant s’habiller seul: afficher des images ou des pictogrammes de chaque morceau que l’enfant doit vêtir et l’ordre dans lequel le faire, disposer ses vêtements au sol dans le bon sens pour faciliter l’habillage, exécuter avec l’enfant les parties de l’habillement qui sont plus difficiles (par exemple pour la fermeture-éclair d’un chandail).

Routine de l’hygiène

Laisser le savon et une serviette accessible à l’enfant et offrir un petit banc qui facilitera l’atteinte du robinet et du lavabo. Au besoin, afficher une image des étapes du lavage des mains.

Pendant le bain, guider l’enfant pour qu’il se nettoie seul (lui dire de bien frotter les différentes parties du corps, montrer la bonne quantité de savon nécessaire, etc.) et si possible, lui laisser un moment d’intimité (en restant à proximité – question de sécurité).

Pour l’usage de la toilette, s’assurer que l’enfant y ait facilement accès (mettre un petit banc ou un siège d’appoint). Vous pouvez faire un petit panier de boulettes de papier de toilette nécessaire pour s’essuyer afin d’éviter les abus (il est normal que les enfants aient besoin d’assistance pour cette étape – une belle façon de mettre en pratique l’étayage: l’enfant s’essuie, puis le parent termine en faisant le suivi de la propreté!).

Routine des repas

Proposer tous les aliments au centre de la table et laisser les enfants se servir eux-mêmes.

Donnez-leur le choix des couverts qu’ils veulent utiliser, ou rendre une armoire de la cuisine accessible afin qu’ils sélectionnent eux-mêmes leurs ustensiles, leurs assiettes, leurs tabliers, etc.

Ne pas mettre de pression pour l’utilisation adéquate des ustensiles: si c’est plus facile avec leurs mains, laissez-les faire (dans les limites de ce que vous acceptez comme comportements à la table). La meilleure chose à faire c’est d’être un modèle pour eux et de se servir de nos ustensiles. Ils apprennent en imitant!

Routine du dodo

Disposer des couvertures et des peluches afin que l’enfant puisse faire le choix de ce qu’il veut pour sa nuit ou sa sieste.

Laisser l’enfant seul dans son lit avant de se coucher pour qu’il puisse faire ce que bon lui semble (lire un livre, faire un casse-tête, écouter de la musique, etc.). Lui donner un signal à respecter indiquant qu’il doit dormir (le parent ferme sa lampe, une musique qui s’arrête, etc.).

Routine du jeu

On a parfois l’impression qu’on doit accompagner l’enfant dans tous ses moments de jeu, mais ce n’est pas le cas. Si l’enfant ne nous sollicite pas, laissons-le vivre son moment ludique de façon autonome. Ouikid propose de belles ressources pour encourager l’enfant à jouer seul.

Disposer les jouets pour qu’ils soient accessibles à l’enfant est un élément essentiel à l’autonomie de l’enfant dans ses périodes de jeu. S’il n’a pas accès à ses jouets, ce sera difficile pour lui de mener son activité de lui-même. Il est toutefois préférable de faire une rotation entre les jeux rangés et ceux accessibles pour ne pas diminuer l’intérêt de l’enfant.

L’autonomie au quotidien

En guise de mot de la fin, j’ai envie de vous dire de ne pas vous mettre trop de pression et de seulement toujours vous répéter que votre enfant, il est capable. En ayant en tête qu’il est en mesure d’exécuter de lui-même l’ensemble de ses tâches, on lui offrira naturellement les occasions de développer son autonomie. Bien sûr, on doit faire preuve de patience et de lâcher-prise tout comme d’accepter que parfois, on va freiner leurs désirs de faire les choses par eux-mêmes. C’est correct! Tant que l’enfant peut vivre de petites victoires au quotidien, c’est l’important!

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Janvier 2021.

“Maman? C’est quoi la mort?”

Récemment, mon garçon de deux ans et demi s’est questionné sur la mort. C’est un sujet qui peut être plus difficile à aborder pour certains parents puisque c’est souvent associé à une perte et à de la tristesse et qu’on veut en quelque sorte protéger nos enfants de tout ce qui est associé à quelque chose de difficile. C’est normal d’être émotif face à la mort et c’est d’autant plus important de partager ces émotions à nos petits et de les aider à comprendre ce concept abstrait qui fait partie de la vie!

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Discipliner… mon bébé?

En étant simplement vous-même au quotidien, vous enseignerez à bébé quoi faire et ne pas faire! Bon… encore faut-il être un modèle de choix dans les comportements adoptés dans diverses situations, mais je vais supposer que vous l’êtes! Les bébés apprennent par observation et en imitant les personnes autour d’eux: c’est donc en effectuant vous-mêmes les comportements attendus que vous commencerez à les éduquer.

Pour certains parents, la ligne est mince entre le moment où l’on doit intervenir et établir nos limites et celui où on laisse aller puisque “ce n’est encore qu’un bébé”! Plusieurs facteurs viendront influencer l’encadrement offert aux bébés: les caractéristiques individuelles de l’enfant (certains testent plus vite les limites que d’autres) et le style parental exercé au sein de la famille (certains parents ont moins de tolérance que d’autres!). Chose certaine, c’est une question importante à se poser que de savoir à quel moment on doit installer nos limites auprès de nos minis.

Un des premiers apprentissages que fera un bébé est d’apprendre à faire confiance : aux autres et en lui-même. La sécurité passe d’abord par une réponse adaptée aux besoins, et parmi ces besoins, il y a celui d’être encadré. Ne pas savoir où sont les limites d’un environnement, pour y jouer par exemple, est tout aussi angoissant que de ne pas avoir d’espace du tout. Les bébés ont besoin d’être guidés, et le fait d’enseigner les balises à respecter font partie de ce besoin. Il ne faut pas avoir de craintes que d’établir des règles à suivre brimera l’enfant et votre lien d’attachement avec lui. Au contraire! Dès que bébé teste les limites, c’est le bon moment pour lui montrer où elles sont.

Comportements dérangeants… pour les parents ou pour les bébés?

Avant d’intervenir, il importe de vous questionner. Est-ce que mon bébé/mon enfant a un comportement qui me dérange moi, ou qui peut être nuisible pour lui (que ce soit pour sa sécurité ou pour son intégration sociale)? Je m’explique. Un bébé qui joue en criant: est-ce nuisible ? Probablement pas. Il explore, il découvre les sons de sa voix et il s’amuse! C’est vous que ça agace. Est-ce que l’intervention est nécessaire? Probablement pas. Vous vous dites peut-être qu’il serait bon de lui enseigner de ne pas crier, comme ce n’est pas un comportement acceptable en public et qu’éventuellement, cela pourrait nuire à son intégration sociale s’il dérange les autres en criant. Bien vu! Par contre, un enfant qui a moins de 2 ans raisonne de manière transductive. Cela veut dire qu’il ne fait pas nécessairement les liens adéquats entre deux éléments. Un bébé ne risque pas de comprendre que de crier, ça peut déranger et ainsi amener les autres à refuser de jouer avec lui. La meilleure intervention possible, si l’on souhaite limiter le comportement, c’est d’adopter celui qu’on souhaiterait observer: on lui parle tout bas, on utilise une petite voix au quotidien et on répond peu à ses élans vocaux. Autre scénario: un bébé joue avec les fils électriques dans le coin du salon. Ici, l’intervention est importante puisque cela pourrait être dangereux pour lui (risques d’électrocution). Encore là, il est souhaitable de limiter le plus possible les objets à risque, mais on ne peut parfois pas tout ranger et il est encore mieux de miser sur l’apprentissage et tenter de réduire l’intérêt à toute situation dangereuse. Dans l’exemple proposé, on veut aider bébé à réduire son comportement, alors on lui dit: “Joue ailleurs, les fils c’est dangereux” en le prenant pour l’assoir plus loin, par exemple. Il ne risque pas d’intégrer l’information complètement, mais comprendra peu à peu qu’il n’a pas le droit de jouer là. Évidemment, il faut toujours tenir compte de l’âge de l’enfant, mais surtout du comportement: est-ce qu’il est surtout dérangeant pour moi ou pour lui?

Besoins ou “caprices” ?

Le terme “caprice” m’a toujours dérangé quand il est utilisé pour désigner un bébé qui pleure. Les bébés pleurent pour exprimer un besoin. Avant 6 mois, il est physiologiquement impossible pour un bébé de pleurer pour manipuler les gens, alors s’il pleure: il faut répondre! Une intervention visant à ignorer un bébé qui pleure pour ainsi réduire “ses caprices” est une intervention inefficace qui risque surtout d’enseigner au bébé qu’il ne peut avoir confiance aux autres pour obtenir une réponse adaptée à ses besoins, et en lui-même pour exprimer adéquatement ce dont il a besoin. Jusqu’à 12 mois même, si bébé pleure, il a un besoin légitime. Bien qu’il apprend peu à peu après 6 mois que ses comportements génèrent certaines réactions de son entourage, il importe de ne pas ignorer ses expressions émotives. En ce sens, plusieurs se demandent comment réagir lorsque bébé pleure en présence d’un étranger ou lorsqu’on le quitte. Ces deux manifestations émotionnelles sont normales: autour de 8 mois, les bébés vivront la peur de l’étranger et l’angoisse de séparation. Cela s’explique par le développement de leur permanence de l’objet (compréhension que les choses et les personnes existent en dehors de leurs champs de vision). Comme bébé enregistre en mémoire les traits des personnes qui lui sont familières et peut se les représenter plus facilement, il va ainsi réagir aux personnes inconnues puisqu’il ne les reconnait pas: chose qui n’était pas possible plus tôt. Il est aussi capable de réaliser que ses parents partent, mais n’est pas cognitivement capable de comprendre qu’ils vont revenir: de là l’angoisse de séparation. C’est donc important de ne pas banaliser ces pleurs, mais malheureusement, il n’y a pas d’intervention autre que de simplement s’assurer que bébé se sente bien en votre absence et de le réconforter le plus possible à votre départ et à votre retour! Pour la peur des étrangers, elle passera, tout comme l’angoisse de séparation.

L’art de la discipline

L’intervention auprès des tout-petits est un sujet très vaste touchant à plusieurs dimensions, ainsi je ne vous présente ici qu’un portrait sommaire de certains concepts y étant reliés. Rappelez-vous surtout qu’il faut répondre aux besoins des bébés et aucune intervention n’est nécessaire autre qu’une reconnaissance et une réponse, mais qu’à partir du moment où les limites sont testées, il importe de les établir avec douceur!

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Juillet 2020.

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S’organiser et s’occuper

Nous vivons un moment historique. Une pandémie. Ce n’est pas un bout d’histoire tellement positif, et pour ceux qui me connaissent, vous savez que c’est pas mal la pire chose que je pouvais vivre, étant la fille anxieuse et contrôlante que je suis! Ce que nous vivons, c’est nouveau et c’est imprévisible. C’est une situation pour laquelle nous n’avons aucun contrôle et où notre intégrité physique, soit la santé, est menacée. Tous ces éléments sont la recette d’une situation stressante, ainsi il est normal que tous et chacun vivent de l’angoisse, à leur façon.

Comme je le mentionnais, je suis une personne anxieuse et ce qui se passe est difficile pour moi au quotidien, malgré que je sache que je suis plutôt privilégiée dans le contexte. Je suis à la maison avec ma famille et je ressens peu les conséquences de cette pandémie. Toutefois, je dois travailler sur mes angoisses: j’ai besoin de repères et d’un certain ordre afin de me sentir bien. En ce moment, il est difficile de savoir ce qui nous attend et ma routine est chamboulée étant confinée à la maison. Je suis consciente que je suis chanceuse d’être chez moi et en santé. Je profite de ce moment pour me recentrer sur les petites choses qui font du bien et sur la beauté de la simplicité, mais je dois quand même travailler fort pour réduire mon anxiété. Avec l’aide de ma psychologue, j’ai identifié une façon d’organiser mon quotidien et ma semaine afin de me sentir plus encadrée et plus efficace dans ma routine. J’ai décidé de vous partager mes outils, si jamais ça peut aider d’autres parents anxieux en cette période de confinement qui auraient besoin d’un petit coup de pouce pour s’organiser et quelques idées afin d’occuper les minis humains qui tournent en rond à la maison…

Mon plan de la semaine

Plusieurs tableaux d’horaires à compléter ont circulé afin d’aider les gens à se structurer dans leur quotidien. C’est une bonne idée, mais mon problème, c’est que je suis assez rigide et que je me mettrais beaucoup de pression à vouloir suivre cet horaire à la lettre (oui, c’est épuisant être moi!).

Ce qui convenait davantage à mon type de personnalité, c’était de me prévoir un horaire moins rigide, qui laissait place à plus de flexibilité et qui offrait surtout des directions à prendre à chaque jour et à chaque semaine.

J’intègre ces éléments dans une grille horaire hebdomadaire en fixant des moments approximatifs. L’idée est de savoir environ ce que je veux faire à tous les jours, de me fixer de petits objectifs au quotidien et d’identifier des moments à chaque semaine pour accomplir certains projets. Par contre, ne pas identifier d’heures précises ou de jours fixes sans pouvoir déplacer les périodes permet une flexibilité qui m’empêche de me mettre de la pression à tout accomplir. C’est assez personnel à ma personnalité, mais je pense que toute personne qui a quelques obsessions de perfection et de performance se reconnaîtra et aurait avantage d’utiliser un tel outil!

Comment occuper les enfants

Sur une semaine, j’aime prévoir des activités dirigées afin d’offrir à mon garçon une routine intégrant un moment privilégié avec lui où je lui offre différentes façons de se stimuler sur différentes dimensions. Je prévois donc deux activités sensorielles, deux activités motrices, deux activités créatives et une activité “spéciale/relaxe”. Voici ce que nous avons fait cette semaine, et comme c’était juste avant Pâques, j’ai intégré ce thème à l’occasion.

Dimanche: Activité créative (Bricolage de Pâques)

Pour cette activité créative, j’ai investi le thème de Pâques afin de faire de petites poules et des lapins. Il y avait donc de la peinture et du dessin au programme! J’adore faire de petites créations avec les empreintes des mains des enfants parce que leur bricolage devient ainsi un souvenir à conserver! Les lapins sont les mains tracées puis découpées, en coupant le doigt du milieu et en rabattant le pouce et le petit doigt. L’enfant peut le décorer à sa guise. La poule est une empreinte de main peinturée: on laisse l’enfant manier le pinceau afin de bien enduire sa main de gouache, puis il vient étamper sa main sur un carton. Évidemment, j’en profite aussi pour laisser l’enfant explorer avec la peinture et sortir du cadre du bricolage! Cette activité développe les habiletés de motricité fine, stimule le développement cognitif et soutient le développement socioaffectif puisqu’il implique un moment privilégié avec le parent!

Lundi: Activité motrice (“Cherche et trouve qui bouge”)

Durant une promenade, j’ai commencé par demander à mon garçon de repérer certaines choses dans l’environnement (arbres, maison, ciel, voiture…). Ensuite, nous avons identifié des sons aux alentours. Nous avons par la suite associé un mouvement à ce son et on devait l’exécuter dès qu’on l’entendait (toucher nos pieds lorsqu’il y a un bruit de voiture, sauter quand il y a un chant d’oiseau, etc.). Une activité toute simple qui développe les habiletés motrices (mouvements et actions physiques), les habiletés cognitives (associations avec les objets et les sons) et les habiletés socioaffectives (interactions avec le parent).

Mardi: Activité sensorielle (Sable kinétique “Jurassic”)

J’aime beaucoup le sable kinétique, qui est une sorte de pâte à modeler avec une texture de sable. C’est intéressant à manipuler et je trouve même ça relaxant! Pour susciter l’intérêt de mon garçon, j’ai disposé le sable avec des figurines de dinosaures qu’il aime beaucoup en y ajoutant quelques ustensiles de plastique pour lui offrir d’autres façons de jouer et ainsi stimuler sa motricité fine lorsqu’il les manipule.

Mercredi: Activité spéciale (Cinéma et collation)

Je me suis récemment abonnée à DisneyPlus, et durant cette période de confinement, je dois dire que c’est un bon investissement. Pour ma part, je limite grandement le temps d’écran avec mes enfants (j’aborderai éventuellement le sujet des impacts des écrans auprès des jeunes enfants), mais je pense qu’à l’occasion, c’est agréable de prendre le temps de se rassembler devant un film. Nous avons donc visionné “Sens Dessus Dessous” en grignotant une bonne collation comme activité spéciale de la semaine!

Jeudi: Activité sensorielle (Bac de nouilles)

Mon garçon aime beaucoup vider et remplir différents contenants, que ce soit avec de l’eau dans son bain ou avec de la neige lors des périodes de jeux extérieurs. Je lui ai donc préparé un bac rempli de nouilles (j’avais deux fonds de boîtes dont la date de péremption était expirée dans mon garde-manger) et il a passé près d’une heure à manipuler les nouilles cuites et à les transvider à l’aide des contenants. La texture des pâtes et leurs différents formats sont un bel éveil aux habiletés de motricité fine, ainsi que les actions de vider et de remplir. On peut également en profiter pour travailler les notions de “plein” et “vide”, qui sont une façon de stimuler la dimension cognitive du développement.

Vendredi: Activité créative (Décorer son coco de Pâques)

J’ai trouvé cette activité sur le web en fouillant pour trouver quelque chose impliquant du découpage et du collage. Mon fils a une passion pour mettre de la colle sur une forme découpée et ensuite venir la coller sur un papier. Cette activité toute simple lui permettait donc de découper et de coller les éléments décoratifs à mettre sur son coco de Pâques. Honnêtement, je trouvais cette activité un peu simpliste et je m’attendais à avoir à mettre plus de décorum autour afin de susciter l’intérêt de mon garçon, mais étonnement il a adoré sans que je doive faire plus que de simplement le guider et décorer mon coco à ses côtés, ce qui contribue à son développement socioaffectif. Il m’en parle encore, quelques jours plus tard!

Samedi: Activité motrice (La course du lapin de Pâques)

Encore sous le thème de Pâques, j’ai proposé à mon garçon un parcours aménagé dans notre sous-sol afin de le faire bouger un peu. Ce genre d’activité s’adapte à n’importe quel thème et selon le matériel disponible. Mon conjoint avait en fait organisé un parcours moteur à l’aide de ruban adhésif au sol quelques jours plus tôt, alors j’ai récupéré le tout afin d’intégrer des consignes à mon propre trajet. Marcher à quatre pattes, faire des sauts de grenouilles, monter sur quelques petits meubles, ramper sous des coussins… Il suffit de trouver des actions à accomplir, mettre de la musique, l’adapter à un thème (ici, on se pratique pour courir comme le lapin de Pâques lors de sa course aux cocos), chronométrer nos temps… À vous de trouver comment le proposer! Une belle façon de développer la motricité globale et de dépenser un peu d’énergie!

Ces activités sont pensées pour mon garçon qui a 2 ans et demi. J’ai aussi une petite fille de 7 mois et demi que j’inclue dans toutes ces activités. Évidemment, bien souvent elle est spectatrice, mais je lui offre aussi l’occasion de manipuler le matériel si c’est sécuritaire pour elle tout en la supervisant. Pour les jeux moteurs, je la prends et je bouge avec elle. Elle participe à sa façon: en observant, en interagissant avec nous et en explorant le matériel que je mets à sa disposition. Évidemment, je prends aussi des moments au quotidien avec elle pour la stimuler et lui offrir un temps de qualité avec de petites activités qui sont adaptées à son âge.

Je pense qu’une activité dirigée par jour, dans le contexte actuel, c’est suffisant. Je veux quand même que mes enfants se sentent à la maison et non pas dans un milieu encadré comme la garderie. Ce n’est pas mon rôle et je pense que c’est important, qu’ils aient des moments pour jouer seuls et même pour s’ennuyer afin de trouver eux-mêmes comment s’occuper (ici, je pense principalement à mon fils comme ma fille n’est encore qu’un bébé).

Je vous partage tout ça afin de vous inspirer et de vous donner peut-être quelques idées pour organiser votre temps à votre façon. Je suis bien consciente qu’il y a une multitude de facteurs influençant votre mode de vie et que ma façon de faire puisse ne pas se modeler parfaitement à votre routine. Dans tous les cas, nous sommes tous dans cette même situation ensemble et je souhaite qu’on soit capable d’en sortir tous plus forts. Courage!

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Avril 2020.

Comment leur dirais-je bien cela…

Autant que la plupart des discussions avec nos petits nous viennent si facilement, certains sujets peuvent sembler plus difficiles à aborder, comme la sexualité, la mort, ou encore la situation qui se déroule présentement, soit une pandémie mondiale.

Depuis le début de cet épisode irréel que nous vivons, j’entends plusieurs versions d’explications fournies aux enfants afin de leur expliquer pourquoi ils ne vont plus à la garderie, à l’école ni voir leurs amis ou leurs proches. Le fait d’être isolé à la maison pour une durée indéterminée mérite une explication! Je sais que les parents cherchent à protéger leurs enfants et ne veulent pas leur faire peur, alors des explications maladroites telles que “C’est un gros gros microbe méchant qui se promène dans les airs et qui peut nous faire de gros bobos!”, “Il y a des bibittes sur les gens et on ne peut pas les toucher, il faut se cacher dans nos maisons” ou encore “Tout est sale dehors et on peut briser nos poumons si on sort” ne sont que le fruit d’une bienveillance parentale. Ce n’est toutefois pas la meilleure façon de s’y prendre…

Je ne juge absolument pas les parents qui ont voulu fournir une explication à leur enfant qu’ils pensaient adaptée à leur âge. Par contre, même si on peut penser que ce genre de façon de présenter les choses simplifie leur compréhension et fait aussi moins peur que la réalité, on se trompe!

Qu’est-ce qu’il peut comprendre?

Laissez-moi vous expliquer comment est-ce qu’un enfant comprend, selon son âge et son niveau de développement cognitif. Entre 2 et 6 ans, l’enfant n’est pas capable d’une pensée logique; ainsi, il ne fera pas la nuance dans des explications imagées telles que les “bibittes de qui il faut se cacher” ou des “microbes géants”. Leur capacité de distinguer le réel de l’imaginaire est en plein développement et la ligne est mince entre ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Alors, un parent qui leur offre ce genre d’explication les amèneront à comprendre que la réalité c’est effectivement qu’il faut se cacher de bibittes qui nous veulent du mal, et je ne sais pas pour vous, mais moi ça me fait presque plus peur que la notion d’un virus! De 6 à 12 ans, les enfants sont capables de comprendre beaucoup de choses, tant que c’est présenté de façon concrète. Évidemment des explications comme celles qui ont été citées en exemple ne leur plairaient pas puisqu’ils seraient en mesure de comprendre qu’elle n’est pas tout à fait juste. Par contre le fait de ne pas leur fournir de réponse satisfaisante risque de les encourager à la chercher ailleurs et ils risquent de peut-être tomber sur des sources peu fiables ou de discuter avec d’autres enfants du même âge et se générer des explications entre eux, qui peuvent eux aussi mener à plus d’angoisses.

Comment l’aider à comprendre?

La meilleure façon de leur fournir des explications claires sont de leur dire la vérité. Inutile de vouloir adoucir les mots ou de vouloir traduire une situation par des éléments fictifs: simplement leur présenter les choses telles qu’elles le sont. Leur compréhension évolue avec l’âge, mais notre discours change peu. L’important est de se laisser guider par la discussion qui se manifestera avec l’enfant et de leur laisser demander les précisions qu’ils jugeront nécessaires.

Il ne faut pas oublier qu’entre 2 et 6 ans, les enfants ne sont pas capables d’une pensée logique. Il ne faut pas hésiter à dire la vérité. Ils comprendront l’essentiel et questionneront au besoin. Laissez-moi vous présenter la discussion que j’ai eue avec mon fils de deux ans et demi lorsque le sujet de la pandémie s’est manifesté.

Cette réponse a été satisfaisante pour lui. Il n’a pas renchéri et il est passé à autre chose. On peut avoir l’impression qu’il n’a en fait rien saisi, mais quelques jours plus tard, nous sommes allés faire une promenade dans notre quartier (il faut bien en profiter tant que les marches sont encore permises!), et voici ce qui s’est dit au sujet de la pandémie lorsqu’il a voulu aller jouer dans le module au parc.

L’explication que je lui avais fournie il y a quelques jours avait eu un sens pour lui. Il se souvenait que la pandémie, c’était un concept qui faisait référence à la maladie. Je lui ai expliqué les choses avec les bons mots, telles quelles le sont. Il n’a pas eu peur ni vécu de frustrations de ne pas comprendre. En tant qu’adultes, cette situation nous fait peur, car on envisage toutes les conséquences possibles. L’enfant lui ne percevra pas tous les impacts possibles et s’il ne pose pas de questions à ce sujet, c’est inutile d’entrer dans ces détails.

Il est certain qu’un enfant un peu plus vieux, âgé de 7 à 12 ans, posera plus de questions et voudra en savoir davantage. La première chose à faire est de lui fournir une explication claire et la plus concrète possible. J’ai vu passer plusieurs illustrations explicatives de la situation que vous pouvez regarder avec l’enfant. Ma préférée est celle d’Elise Gravel:

Bande dessinée à imprimer provenant du site d’Elise Gravel

L’enfant d’âge scolaire peut poser des questions sur les conséquences de cette situation, surtout s’il perçoit les inquiétudes des parents. L’important, c’est de le rassurer et de miser sur ce qu’on sait de la situation. Par exemple, on peut lui dire qu’en effet, c’est une situation assez grave, mais que toutes les précautions sont prises. Que le gouvernement travaille fort et nous donne des règles à suivre pour éviter que nous tombions malades et que comme notre famille suivons les recommandations à la lettre, tout devrait rentrer dans l’ordre.

Les enfants sont sensibles et risquent de ressentir l’angoisse des parents. Si cette situation vous génère énormément de stress et que vous avez de la difficulté à fonctionner normalement, n’hésitez pas à aller chercher les ressources nécessaires. Parlez à un proche, cherchez les informations les plus valides et tenez-vous loin des réseaux sociaux où le partage d’articles à sensationnalisme est à son comble. Au besoin, faites appel à un professionnel de la santé, comme un psychologue (la plupart font des rencontres par vidéo-conférence!).

Le mot de la fin

Je vous rappelle que la meilleure façon d’aborder le sujet avec vos enfants et de leur dire la vérité. Essayez-le! C’est si simple et beaucoup moins épeurant que de leur fournir des explications comme “un gros microbe méchant les attend dans les endroits publics”! Surtout, prenez soin de vous et rappellez-vous que ça va bien aller!

Rédigé par Laurence Morency-Guay. Mars 2020.